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Tout comme chez les abeilles domestiques, plusieurs espèces sauvages présentent des comportements sociaux sophistiqués avec la présence de castes (reine, ouvrière, mâle). On distingue deux groupes d’abeilles sauvages sociales en Belgique : les bourdons et les halictidés.
Les bourdons
Les bourdons nous sont assez familiers car très courants dans tous les jardins, les parcs ou les prairies. Ils ressemblent à des grosses abeilles très velues, assez impressionnantes par le bruit de leur vrombissement. Au total, la Belgique compte une trentaine d’espèces de bourdons avec de nombreux patterns de couleur différente. On rencontre, entre autres, des bourdons roux (par exemple Bombus pascuorum), des bourdons noir-jaune-blanc (par exemple Bombus terrestris) ou encore des bourdons noir et rouge (par exemple Bombus lapidarius).
Les bourdons ont l’avantage de butiner dès que la température atteint les 6°C, nos autres espèces d’abeilles vont attendre que la température atteigne 10°C pour sortir de leur nid., voir une quinzaine de degrès pour les abeilles mélifères.
Les bourdons sont donc essentiels pour la pollinisation des premières fleurs. Une autre particularité des bourdons est leur comportement de « buzzing ». Lorsqu’ils atterrissent sur une fleur dont la morphologie des étamines nécessitent une secousse pour libérer le pollen, ils sont capables de saisir l’étamine et de faire vibrer leur corps sans s’envoler. On entend alors un son caractéristique, le « buzz ». De nombreuses plantes des familles des Ericaceae (par exemple les genres Vaccinium, Erica, …) ou des Solanaceae (par exemple le genre Solanum) présentent des étamines qui nécessite le buzz d’un visiteur pour libérer le pollen et in fine être pollinisée. C’est notamment pour cette raison que plusieurs espèces de bourdons, comme le bourdon terrestre, ont été domestiquées dans les années 80 pour permettre la pollinisation des tomates et des aubergines en serre.
Les bourdons sont des animaux sociaux. On distingue pour chaque espèce plusieurs castes : reine, ouvrière et mâle. Les reines et les mâles sont les individus sexués alors que les ouvrières sont stériles. Alors qu’une reine d’abeilles mellifère peut vivre plusieurs années, la reine de bourdon ne vit qu’une seule saison. Leurs colonies sont annuelles. Au début du printemps, la reine fécondée fonde seule la colonie en réalisant toutes les tâches : récolte du pollen et du nectar sur les fleurs, construction des pots en cires et aménagement du nids. Elle construit quelques alvéoles, y pond des œufs, nourrit les larves et les couve.
Une fois la première génération d’ouvrières présentes, les différentes tâches sont réparties entre elles, la reine se consacrant alors exclusivement à la ponte et à la couvée. Au contraire des gigantesques colonies d’abeille mellifère (plusieurs dizaines de milliers d’individus), les colonies sont peu populeuses, en général, elles sont composées de 100 à 500 individus. Au milieu de l’été, la colonie de bourdons va produire des reines vierges et des mâles qui vont les féconder. A la fin de l’été la colonie dégénère, les ouvrières, les mâles et la vielle reine meurent, seules les jeunes reines fécondées passeront l’hiver isolées, à l’abri du froid dans un terrier.
Les bourdons nidifient selon l’espèce, soit dans un terrier de petits mammifères (tels souris, musaraigne, mulot) abandonné, soit dans une cavité hors sol comme un ancien nid d’oiseaux, soit à même le sol protégé par des feuilles mortes.
Les halictidés
On compte une dizaine d’espèces d’halictidés sociaux en Belgique présentant des degrés divers de socialité. Il y a rarement chez les halictidés des castes bien marquées comme c’est le cas chez les bourdons ou l’abeille mellifère. Les premières étapes de la socialité chez les halictidés sont la construction de nids de plusieurs femelles fertiles en « bourgades ».
Tous les halictidés construisent leur nid dans le sol, creusant des galeries débouchant sur des « cellules » où le pollen mélangé à du nectar est stocké. L’entrée du nid est souvent surmontée d’un petit monticule de terre caractéristique. Les femelles fertiles se font fécondées à la fin de la bonne saison et passe seule l’hiver à l’abri. Les mâles et les autres femelles stériles meurent à la fin de l’été.
Extrait de "Connaitre et aider nos abeilles sauvages" - LRBPO Nicolas Vereecken, Denis Michez, Pascal Colomb & Marc Wollast
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